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Faïence de Strasbourg (Hannong)
Céramique ancienne

Faïence de Strasbourg (Hannong)

6 octobre 2025
Par l'équipe France Estimations
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La Faïence de Strasbourg : L’élégance florale des Hannong

Une dynastie au cœur de l’art faïencier du XVIIIᵉ siècle

La faïence de Strasbourg, née au début du XVIIIᵉ siècle, est indissociable de la famille Hannong, véritable lignée d’artisans et d’industriels visionnaires.
Tout commence en 1709, lorsque Charles-François Hannong, originaire de Hollande, fonde à Strasbourg une manufacture de faïence et de poêles en faïence. Très vite, son savoir-faire et ses innovations attirent l’attention des amateurs d’arts décoratifs, dans une époque où la porcelaine européenne cherche encore à rivaliser avec celle de Chine et du Japon.

Ses fils, Paul et Joseph Adam Hannong, perfectionnent les techniques de décoration et font de Strasbourg l’un des centres majeurs de la faïence française. Leur production rivalise bientôt avec celles de Nevers, Rouen ou Moustiers, tout en développant un style propre à la vallée du Rhin.

Un style immédiatement reconnaissable

Les faïences de Strasbourg se distinguent par leur raffinement et leur naturalisme.
Leur décor le plus emblématique est celui des fleurs naturalistes peintes à la main, souvent inspiré des planches botaniques de l’époque.
On y retrouve fréquemment :

  • Tulipes, pivoines, roses, œillets et anémones aux couleurs éclatantes,

  • Papillons, insectes et oiseaux délicatement posés sur les fleurs,

  • Une palette vive et transparente, où dominent le rose violacé (pourpre de Cassius), le bleu cobalt, le vert tendre et le jaune doré.

La porcelaine tendre mise au point par les Hannong vers 1750 marquera aussi l’histoire des arts décoratifs : sa finesse et son éclat rivalisent alors avec ceux de la porcelaine de Saxe (Meissen).

Une aventure artistique et industrielle mouvementée

L’entreprise familiale connaîtra un destin à la fois brillant et tragique.
En 1721, Paul Hannong perfectionne la technique des émaux translucides et développe un style Rococo, tout en exportant ses créations à travers l’Europe.
Mais le succès attire les rivalités : la manufacture de Sèvres, soutenue par la cour royale, obtient un monopole sur la production de porcelaine en France.
Paul Hannong est alors contraint de fermer la manufacture strasbourgeoise en 1754 et de transférer son activité à Haguenau, puis à Frankenthal (Allemagne), où son fils Joseph Adam Hannong poursuivra la production.

Tableau d'estimation et prix de votre pièce de faïence de Strasbourg :

Typologie Estimation basse Estimation haute
Assiette  100 € – 800 € 6 000 € – 8 500 €
Plat décoratif / ovale / ajouré 50 € - 150 € 4 000 € – 5 000 €
Saucière, soupière, pot à oille, légumier, corbeille ajourée 50 € – 300 € 4 000 € – 7 000 €
Objets utilitaires  400 € – 1 500 € 3 000 € – 5 000 €
Sujets et figurines  200 € – 500 € 6 000 € – 12 000 €
Pièces exceptionnelles  10 000 € – 25 000 € 30 000 € – 70 000 € et +

Assiette

Les assiettes de Strasbourg sont parmi les pièces les plus recherchées par les collectionneurs, notamment celles de la période Paul Hannong (vers 1745-1754).
Les modèles courants à fleurs fines ou bouquets décentrés se négocient à partir d’une centaine d’euros.
En revanche, les assiettes à décor au chinois, à six lobes dorés ou issues du service de Clemenswerth peuvent dépasser les 6 000 à 8 500 € lorsqu’elles présentent un décor d’une grande finesse ou une provenance prestigieuse.

Plat décoratif / ovale / ajouré

Les plats figurent parmi les pièces emblématiques de la production strasbourgeoise.
Les exemplaires les plus simples à décor floral ou bord contourné se trouvent encore autour de 50 à 150 €, mais les plats “au chinois”, ajourés, ou d’un grand format peuvent atteindre 4 000 à 5 000 €, surtout s’ils sont attribués à Joseph Hannong et datent de la période du “petit feu” (vers 1760-1770).

Saucière, soupière, pot à oille, légumier, corbeille ajourée 

Ces pièces de table, destinées aux grands services, sont très variées.
Les modèles utilitaires de seconde moitié du XVIIIᵉ siècle restent abordables (50 à 300 €), tandis que les formes plus rares — pots à oille, soupières polychromes, ou corbeilles ajourées décorées de fleurs et insectes — peuvent dépasser les 4 000 à 7 000 €, surtout lorsqu’elles sont signées JH ou PH.

Objets utilitaires 

Cette catégorie regroupe les flambeaux, sucriers, verseuses, chandeliers ou théières, pièces d’usage quotidien mais de grande qualité artistique.
Les objets simples à décor de fleurs se négocient autour de 400 à 1 500 €, tandis que les exemplaires rares ou à décor en camaïeu bleu ou fleurs esseulées peuvent dépasser les 5 000 €.

Sujets et figurines 

Les statuettes en faïence représentent le sommet de la production de Strasbourg.
Les petites figures inspirées de la Commedia dell’arte ou les animaux naturalistes modélisés par Johann Wilhelm Lanz débutent autour de 200 à 500 € pour les exemplaires communs.
Les pièces polychromes bien conservées, comme les singes musiciens, Pierrot, ou L’Indifférent d’après Watteau, atteignent fréquemment 6 000 à 12 000 € aux enchères.

Pièces exceptionnelles 

Ce sont les grands chefs-d’œuvre de la manufacture : terrines zoomorphes (faisans, canards, choux-fleurs, tortues), pot-pourri, plats du service Clemenswerth, ou sculptures d’apparat.
Ces créations destinées à l’aristocratie allemande et française, souvent attribuées à Paul Hannong, figurent parmi les plus spectaculaires de la faïence européenne du XVIIIᵉ siècle.
Les adjudications peuvent atteindre voire dépasser les 70 000 €, comme pour les fameuses terrines en forme de faisande 2022 (66 000 et 68 000 €).

Comment reconnaitre une faïence de Strasbourg ?

  • Origine et période : Produite à Strasbourg entre 1721 et 1784, principalement par la famille Hannong (Charles-François, Paul, puis Joseph). La manufacture s’impose comme l’un des plus grands centres de faïence du XVIIIᵉ siècle en Europe.

  • Pâte et émail : La pâte est fine et légèrement beige, parfois à reflets jaunâtres. L'émail est blanc pur et brillant, souvent très lisse, avec une glaçure d’aspect vitreux. La texture est plus légère et plus raffinée que celle des faïences de Nevers ou de Rouen.

  • Décor : Motifs floraux typiques, souvent appelés « fleurs fines » ou « fleurs esseulées », peints d’après des gravures botaniques. Usage du décor polychrome au grand feu (vers 1730–1750), puis du petit feu (vers 1760) permettant des teintes plus douces : roses, mauves, jaunes, violets de manganèse. Présence fréquente d’insectes, papillons et oiseaux entourant les bouquets.

    • Décors « au chinois » très prisés sous Joseph Hannong, inspirés des gravures de Jean Pillement.

  • Marques et signatures : On retrouve les Marques peintes en bleu sous couverte suivantes :

    • PH (Paul Hannong),

    • JH (Joseph Hannong),

    • IH (Joseph Hannong période tardive),

    • Parfois une simple lettre ou un chiffre d’atelier.

    • Les marques peuvent varier selon la période et l’ouvrier, ce qui rend l’authentification subtile.

  • Détails stylistiques distinctifs : Usage du violet de manganèse, du bleu clair et du vert tendre caractéristiques. On retrouve la présence de contours brun-rouge sur les bords des plats et assiettes. De plus, il y a un équilibre entre fantaisie rocaille et naturalisme : les compositions restent légères, élégantes et asymétriques.

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Contact : 01 89 62 10 18contact@france-estimations.fr

FAQ

Qu’est-ce que la faïence de Strasbourg ?

La faïence de Strasbourg est une céramique fine produite entre 1721 et 1784 par la célèbre famille Hannong. Reconnue pour son raffinement, ses décors polychromes et son influence sur les manufactures européennes, elle représente l’un des sommets de la faïence française du XVIIIᵉ siècle.

Comment reconnaître une faïence de Strasbourg authentique ?

On la reconnaît à son émail blanc légèrement bleuté, à ses décors floraux élégants appelés « fleurs fines » ou « fleurs esseulées », souvent accompagnés d’insectes ou de papillons. Les couleurs sont vives et parfaitement maîtrisées, qu’il s’agisse du décor au grand feu ou au petit feu. La plupart des pièces portent une marque en bleu sous la base, correspondant à la signature du maître faïencier.

Quelles sont les marques les plus courantes sur les faïences de Strasbourg ?

Les principales marques identifiées sont « PH » pour Paul Hannong, « JH » ou « IH » pour Joseph Hannong et parfois « CFH » pour Charles-François Hannong, le fondateur de la manufacture. Il existe aussi des lettres ou numéros peints qui correspondent aux marques d’atelier ou aux signatures d’ouvriers.

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