

Vous possédez une oeuvre de Manuel Cargaleiro et souhaitez une estimation ? Il est essentiel de comprendre comment évaluer son prix. Dans cet article, nos experts vous guident étape par étape pour estimer la cote d’une oeuvre de Manuel Cargaleiro.
Né en 1927 à Vila Velha de Ródão, au Portugal, Manuel Cargaleiro s’installe à Paris dans les années 1950, où il développe une œuvre influencée par l’abstraction lyrique. Il s’impose rapidement comme une figure majeure de la scène artistique franco-portugaise. Entre tradition méditerranéenne et modernité, il intègre couleurs vives, compositions dynamiques et techniques ancestrales dans un langage personnel. Lauréat de nombreuses distinctions, dont la médaille d’or de la Ville de Paris ou encore Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres, il est aussi célébré dans son pays natal, notamment à travers la Fondation Cargaleiro à Castelo Branco.
Cargaleiro est aujourd’hui reconnu comme un passeur entre les cultures, dont l’œuvre rayonne dans les plus grandes collections publiques et privées.
La richesse de l’œuvre de Cargaleiro réside dans sa maîtrise de plusieurs médiums. Il est d’abord formé à la céramique, discipline dans laquelle il excelle en renouvelant la tradition portugaise des azulejos. Il réalise d’ailleurs de nombreuses mosaïques murales monumentales pour l’espace public, notamment à Paris (station de métro Champs-Élysées – Clémenceau). Parallèlement, il développe une œuvre picturale marquée par l’abstraction, où les aplats colorés, les formes géométriques libres et les compositions rythmiques rappellent son travail en volume.
Ses œuvres sur toile, sur papier ou en volume, témoignent d’un même souffle créatif, toujours guidé par la couleur et l’équilibre des formes.
| Typologie | Estimation Basse (€) | Estimation Moyenne (€) | Estimation Haute (€) |
|---|---|---|---|
| Peinture | 800 | 9 000 | 65 000 |
| Tapisserie | 2 500 | 5 000 | 19 000 |
| Sculpture / Volume | 200 | 300 | 8 000 |
| Estampe / Multiple | 50 | 500 | 5 000 |
| Dessin / Aquarelle | 150 | 3 000 | 32 000 |
| Céramique | 90 | 400 | 10 000 |
| Objets | 120 | 400 | 4 000 |
La peinture constitue la catégorie la plus prestigieuse du marché de Manuel Cargaleiro. Les œuvres sur toile affichent une fourchette de prix allant de 800 € à 65 000 €, avec une moyenne autour de 9 000 €. Le record absolu pour une œuvre de l’artiste revient à "La Rêverie - Quinta da Silveira" (1972), une huile sur toile de 130 x 161 cm, adjugée à 65 000 € en 2018. Ce résultat témoigne de l’intérêt soutenu des collectionneurs pour ses œuvres majeures, notamment celles de grand format, datées des années 1970.
Peu nombreuses sur le marché, les tapisseries de Cargaleiro bénéficient néanmoins d’une cote stable. Les estimations varient de 2 500 € à 5 000 €, avec un record de 19 000 € pour une œuvre exceptionnelle. Ce médium textile, moins courant que la peinture ou l’estampe, attire un public spécifique, souvent sensible à l’aspect décoratif et technique des pièces.
Les œuvres en volume, majoritairement de petites dimensions (bronzes ou reliefs en céramique), présentent une gamme de prix accessible, allant de 200 € à 8 000 €, la moyenne tournant autour de 300 €. Le record dans cette catégorie est détenu par "Flores para uma simfonia", un panneau en relief de 49 carreaux (100 x 100 cm), vendu 8 000 € en 2024. Ce type d’œuvre hybride, entre sculpture et mur céramique, représente un intérêt croissant.
Très représentée dans le marché secondaire, l’estampe (lithographie, sérigraphie, gravure) est la catégorie la plus accessible de l’œuvre de Cargaleiro. Les prix se situent entre 50 € et 5 000 €, avec une moyenne autour de 500 €. Le record atteint 5 164 € pour la lithographie "L’Engadine", vendue au Japon en 2012. Cette catégorie constitue une excellente porte d’entrée pour les jeunes collectionneurs.
Les œuvres sur papier, souvent réalisées à la gouache ou au pastel, se distinguent par une valeur moyenne élevée (environ 3 000 €), avec une fourchette allant de 150 € à un record impressionnant de 32 000 €. Cette somme a été atteinte en 2002 pour une gouache de 76 x 57 cm ("Sem título", 1984). Cela montre que les œuvres sur papier les plus ambitieuses, notamment datées des années 1980, peuvent rivaliser en prix avec les peintures.
La céramique est une composante essentielle de l’œuvre de Cargaleiro, à la fois artistique et artisanale. Les prix débutent autour de 90 €, avec une moyenne établie à 400 €, mais certaines pièces rares atteignent des sommets. Le record est de 10 000 € pour une jarre de 1956, vendue en 2025. Les pièces anciennes, signées et datées, en bon état de conservation, sont particulièrement recherchées.
Cette catégorie regroupe divers objets décoratifs (assiettes, porcelaines, jarres de petite taille). Les prix varient de 120 € à 4 000 €, le record étant attribué à un objet céramique ("Jarra", 1956) adjugé à 4 000 €. Bien que moins valorisée que les autres médiums, cette typologie bénéficie d’un marché de niche actif, souvent soutenu par des amateurs du travail de la matière et de la couleur de l’artiste.
Peinture : Les peintures de Cargaleiro, souvent à l’huile sur toile, se reconnaissent par leur composition géométrique très construite. Elles présentent une explosion de couleurs vives – rouges, bleus, jaunes, verts – disposées en mosaïque ou en patchwork structuré. L’équilibre entre abstraction lyrique et structure formelle est caractéristique. Les toiles sont souvent signées en bas à droite ou au dos, parfois datées.
Tapisserie : Cargaleiro a réalisé plusieurs tapisseries monumentales, souvent en collaboration avec des manufactures renommées. Elles reprennent ses motifs picturaux, transposés en laine ou en soie : structures en damiers, formes géométriques modulées et chromatisme éclatant. Le tissage est dense, précis, et les œuvres sont généralement de grande dimension.
Sculpture / Volume : Ses œuvres en volume sont majoritairement des reliefs ou des pièces en céramique architecturale. On y retrouve la répétition de modules (comme des carreaux ou tuiles) et une organisation murale, souvent en grilles. L’usage de la couleur y est central, même dans le bronze, où les patines ou rehauts colorés jouent un rôle plastique.
Estampe / Multiple : Les estampes de Cargaleiro – sérigraphies, lithographies, gravures – traduisent fidèlement son univers plastique. Les compositions sont souvent abstraites, animées de formes architecturées et d’une palette lumineuse. Certaines sont numérotées et signées au crayon en bas de la feuille. Le format est généralement moyen à grand.
Dessin / Aquarelle : Les œuvres sur papier présentent une spontanéité plus directe que ses peintures. On retrouve la même structuration de l’espace, mais avec une légèreté propre au médium : lavis colorés, tracés à l’encre ou à la gouache, souvent sur fond blanc. La main est visible, les formes flottent parfois dans un espace moins contraint.
Céramique : Discipline essentielle chez Cargaleiro, la céramique est pratiquée dès les années 1950. Il réalise des jarres, assiettes, panneaux muraux. Les pièces sont décorées de motifs abstraits peints à la main : lignes, points, damiers colorés, souvent en bleu, rouge, ocre, vert. La glaçure brillante est typique. Beaucoup de pièces sont signées ou portent son cachet.
Objets : Cargaleiro a également décliné son univers dans des objets utilitaires ou décoratifs (vases, plats, porcelaines d’édition). Ce sont des objets en série limitée ou uniques, reconnaissables à leurs formes simples et à leurs décors géométriques stylisés. Les porcelaines, comme les assiettes "Le Rêve" ou "Obélisques", sont parfois éditées mais conservent une forte identité visuelle.
La cote de Manuel Cargaleiro reste soutenue, reflet d’une reconnaissance internationale bâtie sur plusieurs décennies de création prolifique. Bien que son marché se concentre principalement au Portugal et en France, ses œuvres ont également circulé dans des maisons de vente au Japon et dans d'autres pays européens. Les estimations varient fortement selon la technique, la dimension et la rareté des pièces. Les peintures, notamment les grandes huiles sur toile, atteignent des prix élevés, avec des adjudications allant de 5 000 € à plus de 60 000 €. Les œuvres sur papier, les céramiques et les multiples présentent une accessibilité plus large, avec des prix démarrant dès 100 € pour certaines lithographies. Les céramiques anciennes des années 1950-1960, particulièrement les jarres et les plats décorés à la main, peuvent cependant atteindre plusieurs milliers d’euros. Le marché montre une progression régulière, soutenue par des collectionneurs fidèles et des institutions, et renforcée par la disparition récente de l’artiste, qui pourrait encore dynamiser l’intérêt et la valeur de ses œuvres dans les années à venir.
Découvrez les estimations, les prix de vente et la tendance actuelle pour les œuvres de Manuel Cargaleiro sur le marché de l'art international.
Peinture